[Bibliothèques Municipale] : sélection littéraire de quelques nouveautés
Par Admin le mardi 24 novembre 2009, 00:29 - Loisirs, Associations et Foyer Rural - Lien permanent
Il fallait bien faire un choix... comme toujours, certains l'auraient
fait autre !
Nous avons choisi de vous présenter ici en détail 5 livres, parmi la vingtaine de acquisitions de la bibliothèque municipale :
- Trois femmes puissantes - Prix Goncourt 2009, Roman de Marie NDiaye
- Dernier royaume, Tome 6 : La barque silencieuse de Pascal Quignard
- Exit le fantôme, Roman de Philip Roth
- Les Piliers de la terre, Roman Historique de Ken Follett
- Pourquoi le ciel est bleu, Roman Paysan de Christian Signiol
- Des hommes de Laurent Mauvignier,
- Le Voyage d'hiver, d'Amélie Nothomb
- Le Jeu de l'ange, de Carlos Ruiz Zafón
- Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, de Shaffer et Annie Barrows
- Ce que je sais de Vera Candida, de Véronique Ovaldé
- Et que le vaste monde poursuive sa course folle, de Colum McCann

Trois femmes puissantes - Prix Goncourt 2009, Roman de Marie NDiaye
Présentation :
Trois récits, trois femmes qui disent non. Elles s'appellent Norah, Fanta, Khady Demba. Chacune se bat pour préserver sa dignité contre les humiliations que la vie lui inflige avec une obstination méthodique et incompréhensible. L'art de Marie NDiaye apparaît ici dans toute sa singularité et son mystère. La force de son écriture tient à son apparente douceur, aux lentes circonvolutions qui entraînent le lecteur sous le glacis d'une prose impeccable et raffinée, dans les méandres d'une conscience livrée à la pure violence des sentiments.
Biographie de l'auteur :
Marie NDiaye est née en I967 à Pithiviers. Elle est l'auteur d'une douzaine de livres - romans, nouvelles, théâtre. Elle a obtenu le prix Femina en 2001, et ses pièces sont entrées au répertoire de la Comédie-Française.
Une critique littéraire :
Avec Trois Femmes Puissantes, Marie NDiaye nous fait la grâce pour cette rentrée littéraire d'un nouveau roman, le premier à se dérouler en terre africaine, et à retranscrire avec tant de précision la souffrance de ses personnages tous marqués par l'exil. Après avoir reçu les éloges de la critique, l'écrivain à la plume très affûtée a également reçu le Goncourt 2009.
Vous savez bien, les belles choses vont toujours par trois. Comme les trois récits qui composent le roman de Marie Ndiaye - le troisième à paraître chez Gallimard (avant c'était Minuit), et le troisième qu'il m'ait été donné de lire, après Rosie Carpe et après La Sorcière. Rien à voir avec la superstition, seulement l'ordre des (belles) choses, donc.
Trois histoire qui disent la douleur de l'exil et la déchéance
Trois histoires aux motifs et aux personnages distincts, aux issues différentes, mais qui toutes disent la douleur de l'exil et la déchéance qui s'ensuit. La déchéance du père de Norah (la première des trois femmes) d'abord, Sénégalais qui, seul dans sa maison vide et froide, a troqué sa grandeur de tyran contre un pathétique laissez-aller incluant boulimie, insomnie, saleté : « (...) les pieds de son père étaient chaussés de tongs en plastique, lui qui avait toujours mis un point d'honneur, lui semblait-il, à ne jamais se montrer qu'avec des souliers cirés, beiges ou blancs cassés ». Convoquée en urgence par cet homme qui autrefois enleva son petit frère, anéantit sa mère, Norah retrouve à Dakar des démons invisibles - indicibles - qu'il lui faut vaincre en silence. En silence, là où les images poétiques (celle du « flamboyant » est mémorable), en imprimant au texte une tension quasi-cinématographique, disent mieux que les adjectifs tous les non-dits qui hantent les personnages.
La déchéance de Rudy Descas ensuite, « ancien professeur de lettres au lycée Mermoz et spécialiste du Moyen Âge » qui suite à un accident se voit contraint de quitter Dakar pour revenir s'installer en France avec sa femme et son fils, « sachant que la flétrissure le poursuivrait car elle était en lui et il s'était persuadé qu'il n'était plus que tout cela tout en la haïssant et la combattant. » Malheureux en vendeur de cuisine, Rudy non seulement souffre honteusement d'hémorroïdes, mais se débat aussi : avec une mère raciste qui aime de trop près les petits garçons « aux yeux clairs, aux cheveux blonds bouclés » ; les souvenirs d'un père présumé lâche et meurtrier.
Le dernier récit enfin, poussant à son apogée l'exploration de la quête impossible et de la souffrance, rend plus palpable encore la destruction de son personnage central : Khady Demba, jeune femme qui n'aspire à rien d'autre qu'à enfanter, se retrouve, une fois veuve, forcée à quitter sa terre natale pour les horizons prometteurs de l'Europe. Prometteurs ? Dans un douloureux périple que Marie NDiaye a voulu à l'image de celui de nombreux exilés, Khady Demba encaisse les coups sur son corps déjà meurtri : « Elle tâta son mollet blessé, sentit sous ses doigts du sang, des chairs déchiquetées ». Plus tard, il faut vendre son corps pour survivre, et le seul moyen alors de ne pas se laisser déposséder de ses dernières traces d'humanité, est de se souvenir de sa singularité : « juste avant que le sommeil l'emporte, un sursaut de joie sauvage faisait trembler son corps rompu comme elle se rappelait soudain, feignant de l'avoir oublié, qu'elle était Khady Demba : Khady Demba ».
Et sans aucun doute, le lecteur se souviendra lui aussi de Khady Demba, comme de tous les autres personnages du livre qui, malgré leur apparences éthérées, finissent par prendre corps dans ces trois récits construits comme les variations d'une longue et virtuose partition. La musique est là, signifiée par le phrasé inouï du texte, mais également par les « contrepoints » inséré par l'auteur entre chaque chapitre.
Marie NDiaye, qui signe aussi son roman le plus réaliste - ancré au Sénégal dont son père est originaire - n'a pas voulu cette fois faire appel au fantastique comme elle l'a pu le faire auparavant, dans la lignée d'un Garcia Marquez. Et la magie surgit pourtant. Fragile comme la surface d'un lac profond, son écriture tantôt étincelle sous le soleil des paysages sénégalais, tantôt se trouble comme les âmes déchirées dont elle retrace les itinéraires.

Dernier royaume, Tome 6 : La
barque silencieuse de Pascal Quignard
Présentation :
Le dernier Quignard est, bien sûr, un livre d'une profonde mélancolie. Mais il ranime en même temps la saine énergie du refus, la force de dire non à l'assujettissement général, à la servitude volontaire qui s'insinue partout. On n'en finirait pas de citer les formules roboratives de ce réveilleur d'âmes (« Qui a un secret a une âme » nous dit-il) qui avance sur "La Barque silencieuse". Pour exemple, le merveilleux chapitre XX qui, à partir d'une réflexion sur la devise des Clermont (« Si tous moi non »), conduit à une réflexion sur l'ipséité : qu'est-ce qu'être soi (ou plutôt être à soi) aujourd'hui face à la normalisation sociale et la fausseté des rapports sociaux ? Extraits: « Si tous sont là sans exception, moi au moins je ferai exception. La famille affilie les visages. La société assujettit les sujets. Le volume de la "chose de tous" (res publica) s'est accru de la publication et de la normalisation de toutes les choses "privées" (res privata) : éducation, conscience, savoir, maladie, vie conjugale, vieillesse, mort. Même le fœtus est photographié in utero. C'est la surveillance de tous à l'intérieur de chacun. Omnis domine Ego. »
Dans le peuple-esclave, au sein des hordes et des bandes, au cœur des "réseaux", y a-t-il encore une oreille pour entendre la parole d'un homme libre?
Exigeant, déconcertant, mystérieux, dérangeant, l'un des très grand livres de la rentrée et, vraisemblablement, de l'année.
Biographie de l'auteur :
Pascal Quignard est né en 1948 à Verneuil-sur-Avre (France) . Il est romancier (Le salon du Wurtemberg, Tous les matins du monde, Terrasse à Rome, Villa Amalia...). La barque silencieuse est le tome VI de Dernier royaume. Le premier tome de Dernier royaume, Les ombres errantes, a obtenu le prix Goncourt en 2002.
Une critique littéraire :
Avec ce sixième volume de «Dernier royaume», l'écrivain continue son périple enivré dans la nuit du temps
On ne serait pas étonné d’apprendre que Pascal Quignard écrit chaque volume, et même chaque page, de Dernier royaume, cette somme sans début assignable ni fin prévisible (1), dans un état quasi somnambulique ou de rêve éveillé. Qu’il avance à l’aveugle, en ne sachant rien du chemin : il y en a tant d’ouverts à ses pas d’érudit, de «lettré» comme il dit. Que le dessein de l’ensemble lui est inconnu, mais qu’il n’en souffre nullement : ses yeux se sont comme habitués à la nuit qui est, avec «le jadis», son territoire de prédilection, sa source d’inspiration.
En fait, on peut reconstituer les choses ainsi : il y a déjà longtemps, l’auteur de Vie secrète a placé sa confiance dans une certaine puissance de l’esprit. Et même, si on osait le dire, dans une forme singulière de la providence, toute naturelle et laïque évidemment. Lui qui professe l’athéisme, s’en fait même gloire – et particulièrement, avec une grande virulence, dans ce sixième volume – entend, écoute les mystérieuses directives que, du fond de la nuit obscure, lui dicte cette providence. Certes, il les interprète et les retranscrit à sa manière, les conteste parfois…
Disciple des anciens rhéteurs et poètes romains qui résistaient de toute leur force et de toute leur impuissance, à la nouvelle religion prêchée par le Christ, Pascal Quignard expose son programme, pragmatique, plein d’une rêveuse énergie : «Rester vivant, en bonne condition physique, moitié éveillé, moitié endormi, moitié excité, moitié triste, moitié animal, moitié humain, moitié moi-même, moitié personne.»
Un peu plus loin, il désigne l’espace où il se tient, pour «lire, écrire, vivre» (l’ordre des verbes n’est pas indifférent) : «Champs magnétiques où sont jetées les limailles des aventures, des chagrins, des hasards, des épisodes, des fragments, des blessures.»
C’est aussi la matière même de Dernier royaume que Quignard résume ici. Une matière infinie, inquiétante parfois, à forte polarité négative, nihiliste, originaire et sexuelle, hantée, nous l’avons dit, par la nuit, le sans-fond, l’abîme du temps d’où nous provenons. Une «barque silencieuse», traversant des eaux vives ou mortes, nous ramène à l’irreprésentable scène primitive.
De cette matière informe et en ébullition perpétuelle, l’écrivain cherche, avec toute la force d’un serein, stoïque désespoir et l’obstination de la mélancolie, à traduire encore quelques «épisodes», «fragments» et «blessures». Des fables, des anecdotes, des considérations philologiques, des rapprochements surprenants, des souvenirs aussi qui surgissent sans prévenir, naissent de sa recherche, s’organisent autour d’un point aveugle…
Une si flamboyante liberté nous émerveille. Et aussi l’étrange harmonie, la musique singulière, sans exemple, qui naissent de cette liberté. Comme dans un opéra baroque, «quelque chose», semble-t-il, «résonne de l’autre monde»… Les lecteurs chrétiens pourront être heurtés par plusieurs pages et chapitres de La Barque silencieuse.
«L’athéisme est
une guerre», professe Pascal Quignard. Mais il ne faut pas s’alarmer outre
mesure de cette machine de guerre qu’il a voulu, explicitement, forger contre
le christianisme. Il y a beaucoup plus de profit à en observer les rouages, la
mécanique, qu’à en craindre l’action. Quignard est comme le grand témoin des
temps anciens. Il n’y a que des agréments et des avantages à en visiter avec
lui les vestiges.
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Exit le fantôme, Roman de Philip Roth
Présentation :
Après onze ans de réclusion volontaire dans la campagne du Massachusetts, Zuckerman remet les pieds à New York, pour une intervention bénigne mais qui le renvoie à sa déchéance physique. Dans la ville accablée par la réélection inattendue de George W. Bush, trois rencontres vont bouleverser ses plans : Amy Bellette, vieillie et presque mourante, elle qui, dans l'éclat de sa jeunesse, fut la muse de E.I. Lonoff, son mentor ; Richard Kliman, jeune arriviste insupportable qui le harcèle parce qu'il veut révéler les secrets de Lonoff ; et puis, surtout, un jeune couple d'écrivains avec qui il envisage un échange de maisons. Et voilà Zuckerman, qui se croyait immunisé, en proie à un ultime coup de foudre. Pour Jamie, la très charmante jeune femme du couple. Va-t-il passer à l'acte? Ou se servir de ce dernier amour pour écrire encore - traduire dans une fiction les fantasmes qu'il lui inspire?
Biographie de l'auteur
Le Théâtre de Sabbath a valu à Philip Roth en 19951e National Book Award, qu'il avait déjà obtenu en 1960 pour son premier livre Goodbye, Columbus. Il a reçu à deux reprises le National Book Critics Circle Award, en 1987 pour La contrevie et en 1992 pour Patrimoine. Le prix Pulitzer et, en France, le prix du Meilleur Livre étranger ont couronné Pastorale américaine. Le PEN Faulkner Award a récompensé les romans Opération Shylock, Un homme et La tache, qui a été également distingué par le prix Médicis étranger 2002. Entre autres récompenses, Le complot contre l'Amérique a été consacré meilleur livre de l'année par la New York Times Book Review. Le PEN Nabokov Award 2006 et le PEN Saul BellowAward 2007 ont récompensé le romancier pour l'ensemble de son oeuvre. Tous les livres de Philip Roth sont traduits aux Editions Gallimard.
Une critique littéraire :
Souvenons-nous : Nathan Zuckerman, c'est « l'écrivain des ombres », le romancier de papier qui, depuis plus de trente ans, fait figure d'alter ego le plus régulier de Philip Roth. Le plus intime et le plus fraternel. Tantôt personnage central, tantôt second rôle. Dans tous les cas, celui dont la voix, les certitudes et les doutes semblent épouser les réflexions sans fin de Roth lui-même sur l'écriture, les relations complexes entre l'art et la vie. Une méditation non pas marginale mais cruciale chez l'écrivain américain, de l'oeuvre duquel quelques-uns des sommets, tels La Contrevie ou Opération Shylock, sous des dehors de romans fantasques et virtuoses, s'interrogent en réalité très directement sur la fiction, le ressort autobiographique qui la sous-tend, les vérités et les mensonges de l'art du roman.
Questions une fois de plus centrales, dans le présent Exit le fantôme, qui voit donc le retour sur le devant de la scène du théâtre rothien, toujours époustouflant d'intelligence et d'ironie, du susnommé Nathan Zuckerman. Lequel, écrivain désormais reconnu, a quitté New York depuis onze ans pour vivre en anachorète dans le Massachussetts. Septuagénaire solitaire parmi les arbres et les livres. Rangé du monde littéraire, des amours. Occupé à relire les chefs-d'oeuvre de la bibliothèque. Hors la vie, en tout cas telle que la définirait le commun des mortels - la vie ou ce qu'on peut en percevoir lorsqu'on est occupé à la vivre.
Si Nathan Zuckerman, ce jour de l'automne 2004, est de retour à Manhattan, c'est poussé par une nécessité bien triviale : suivre un traitement médical susceptible d'améliorer son problème d'incontinence - à défaut de régler l'autre conséquence pénible de son cancer de la prostate, l'impuissance. Brusquement projeté dans le monde dont il s'était soustrait, le voici contraint d'affronter tout ce qu'il avait fui : les autres, et avec eux les rapports de force, le retour du désir, la tyrannie des passions.
Trois personnages vont occuper Nathan Zuckerman, durant son séjour dans la ville, secouée par l'onde de choc des attentats de septembre 2001 et la réélection de George Bush. Il y a Jamie, une jeune femme dont il tombe amoureux. Puis Amy Bellette, ancienne compagne de son mentor, l'écrivain disparu E.I. Lonoff. Enfin, le jeune Richard Kliman, qui a entrepris d'écrire une biographie de Lonoff, au grand dam de Zuckerman, pour qui l'entreprise reviendrait à laisser la vie du grand homme prendre le pas sur la postérité de son oeuvre.
De toutes ces figures, et de leurs relations - réelles ou fantasmées - avec
Zuckerman, Philip Roth nourrit un roman tout ensemble efficace et profond.
Mélancolique et moqueur. Ancré dans le réel et méditatif. Au coeur duquel se
déploie l'aveu nu d'une passion folle pour la littérature, pour la capacité que
possède « le non-vécu, l'hypothétique, exposé en détail sur le papier » à être
« la forme de vie dont le sens en vient à compter plus que tout ».
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Les Piliers de la terre, Roman de Ken Follett
Présentation :
Dans l'Angleterre du XIIe siècle ravagée par la guerre et la famine, des êtres luttent chacun à leur manière pour s'assurer le pouvoir, la gloire, la sainteté, l'amour, ou simplement de quoi survivre. Les batailles sont féroces, les hasards prodigieux, la nature cruelle. Les fresques se peignent à coups d'épée, les destins se taillent à coups de hache et les cathédrales se bâtissent à coups de miracles... et de saintes ruses. La haine règne, mais l'amour aussi, malmené constamment, blessé parfois, mais vainqueur enfin quand un Dieu, à la vérité souvent trop distrait, consent à se laisser toucher par la foi des hommes.
Abandonnant le monde de l'espionnage, Ken Follett, le maître du suspense, nous livre avec Les Piliers de la Terre une oeuvre monumentale dont l'intrigue, aux rebonds incessants, s'appuie sur un extraordinaire travail d'historien: Promené de pendaisons en meurtres, des forêts anglaises au coeur de l'Andalousie, de Tours à Saint-Denis, le lecteur se trouve irrésistiblement happé dans le tourbillon d'une superbe épopée romanesque dont il aimerait qu'elle n'ait pas de fin.
Biographie de l'auteur :
Ken Follett est né à Cardiff le 5 juin 1949. Licencié de philosophie à l'University College de Londres, il travaille en tant que journaliste à Cardiff puis à Londres où il débute l’écriture. En 1978, son roman L'arme à l'œil devient un bestseller pour lequel il recevra le prix Edgar. Outre le roman d'espionnage, Ken Follett a signé des fresques historiques telles que «Les Piliers de la Terre», «La Marque de Windfield» , «Le Pays de la liberté», et des romans dits d'actualité comme «Le Troisième Jumeau».
Une critique littéraire :
Dans les nombreux commentaires de ce roman que l’on trouve sur le net, abondants sont les éloges faits par les lecteurs ; et ma foi, ils sont en grande partie mérités.
J’ai longtemps hésité avant de me lancer dans la lecture de Ken Follett. Je devinais, derrière les nombreuses critiques dont j’ai pris connaissance, un auteur talentueux, mais ses romans à caractère «Espionnage», tournant autour de la seconde guerre mondiale ou de la guerre froide, ne m’ont jamais tentés, n’affectionnant pas vraiment ce genre de littéraire. C’est en découvrant que l’auteur c’était aussi essayé aux romans historiques que j’ai décidé de franchir le pas, et de lire, pour commencer, «Les Piliers de la Terre». Bien m’en a pris !
Il s’agit d’une œuvre remarquable sur bien des aspects. Les bâtisseurs de cathédrale sont un support, pour ne pas dire un prétexte, pour nous brosser un tableau historique de l’Angleterre moyenâgeuse et féodale du XIIe siècle. Celle-ci est rendue avec beaucoup de détails et de précisions, qui donnent au récit un grand réalisme et une grande légitimité ; on mesure le travail considérable de recherche et de documentation auquel s’est livré l’auteur avant d’entamer son talentueux exercice romanesque.
L’histoire est centrée autour de la construction de la cathédrale de Kingsbridge, à côté de laquelle vont évoluer un ensemble de personnages hors normes, très attachants pour certains, ô combien méprisables pour d’autres : un maître maçon idéaliste dont les raisons d’être sont de nourrir sa famille par ces temps de disette et de bâtir la plus belle des cathédrales ; un tailleur de pierre talentueux et intelligent, amoureux de la belle et inaccessible Aliéna ; un prieur bon, généreux et déterminé aussi bien dans l’exercice de sa foi que dans la gestion de son prieuré ; une belle et jeune noble déchue ayant perdu son père, son domaine, sa fortune et son honneur de femme ; un évêque ambitieux, machiavélique et assoiffé de pouvoir ; un comte orgueilleux, cupide, sanguinaire et pervers ; et les puissants du royaume qui s’entredéchirent pour s’accaparer pouvoir et richesses sans se soucier du peuple qui souffre et qui meure de faim.
Même si la vision du monde peinte par Ken Follett est parfois un peu trop manichéenne à mon goût, on se laisse absorber par l’histoire pour la vivre de l’intérieur et partager l’existence des humbles et des grands. A aucun moment on ne s’ennuie ; les rebondissements incessants tiennent le lecteur en haleine du début à la fin : complots, ruses, intrigues, trahisons et cruautés se succèdent, n’ayant pour opposition que bonté, miséricorde, générosité et crainte de Dieu. Un petit voyage jusqu’en Andalousie Maure, en traversant la France et l’Espagne, nous rappellera d’où venaient et comment circulaient les idées, les sciences et les techniques qui ont influencées les civilisations chrétiennes d’occident de l'époque.
Le style de l’auteur, que j’ai découvert avec ce roman, est des plus agréables : à la fois simple sans être simpliste, fluide et profond, communiquant les émotions avec force - la qualité de la traduction n’est certainement pas étrangère à ce rendu stylistique. Même bedonnant de ses 1000 pages, c’est un livre qui reste accessible à tous, et que je conseille au plus grand nombre. L’histoire est structurée en épisodes, étroitement imbriqués, qui permettent au lecteur de relâcher la tension et de souffler un peu entre les événements majeurs. Même si la construction de chaque épisode est rythmé de manière identique, le plaisir de lecture reste intact du début à la fin.
Peut-être ressentirez-vous, vous aussi, ce grand vide lorsque vous tournerez la
dernière page de ce magnifique roman...

Pourquoi le ciel est bleu, Roman de Christian Signiol
Présentation :
Julien Signol, mon grand-père paternel, ne sut jamais lire ni écrire, et moi, son petit-fils, je suis devenu écrivain. Grâce à lui bien sûr, grâce à mes parents, à leur travail, à leur courage, à tout ce qu'ils m'ont légué. Et pourtant, il a fallu plus de quarante ans à Julien pour oser poser à son fils la question à laquelle sa mère avait répondu par une gifle cruelle quand il avait sept ans : "Pourquoi le ciel est bleu ?" Il en était resté meurtri, comprenant vaguement que l'enfant d'une domestique, veuve de surcroît, n'avait pas le droit de lever la tête vers le ciel. Cette scène ne s'est pas déroulée au XVIIIe siècle, mais à l'orée du XXe... Les hommes souffrent, luttent, pour que leurs enfants vivent mieux qu'eux. Julien en est un humble exemple : en échappant à un destin écrit d'avance, il a réussi à conquérir sa dignité, à offrir à ses fils tout ce qui lui avait manqué. N'est-ce pas encore aujourd'hui, malgré les différences de modes de vie, le but de tous les hommes et de toutes les femmes dans un combat qui demeure et demeurera toujours le même ?
Biographie de l'auteur
Christian Signol est né aux Quatre Routes, un hameau du Quercy blotti au pied des causses de Martel et de Gramat. Le petit garçon mène une existence heureuse entre ses parents et ses grands-parents. Son univers s’étend de l'école communale (dont il dévore la bibliothèque) à la campagne environnante. Les moissons, les vendanges, la cueillette des champignons, les parties de pêche l’été sur la Dordogne sont autant de « bonheurs d’enfance ». À onze ans, il est mis en pension au lycée de Brive. Il vit comme un drame cet éloignement du pays natal. Il dira plus tard : « Cette déchirure a fait de moi un écrivain. » Après des études universitaires de lettres et de droit, Christian Signol débute dans la vie professionnelle comme rédacteur administratif à la mairie de Brive.
Il commence à écrire et, en 1984, Robert Laffont publie son premier roman, Les Cailloux bleus, inspiré par son enfance dans le Quercy. Succès immédiat. Suivi par Les Menthes sauvages, Les Chemins d’étoiles et Les amandiers fleurissaient rouges. Entre 1990 et 1993, la trilogie de La Rivière Espérance va faire de lui un des écrivains les plus lus en France. France 2 achète les droits d’adaptation de cette saga des gabariers de la Dordogne, qui devient l’une des plus grandes séries jamais réalisées pour la télévision. Et l’une des plus regardées. La Rivière Espérance est devenue un véritable phénomène d’édition des dix dernières années avec plus de 2 millions d’exemplaires vendus depuis sa sortie.
Depuis, il alterne, avec un égal bonheur, romans, souvenirs et grandes sagas historiques.
Une critique littéraire :
Un livre qui sent bon la France d’avant.
L’ambiance de ce bouquin est absolument différente de ce que l’on peut lire en 2009. Plongé dans l’univers d’une famille paysanne du Périgord, au cœur de ses racines, Christian Signol mêle sentiment et nostalgie avec une plume généreuse et compréhensible pour tous.
Pourquoi le ciel est bleu nous a captivé, à notre grand étonnement. Ce roman nous a fait écho en nous interrogeant sur le passé de nos grands-parents, voire de nos arrières grands-parents.
De plus, des références très connues nous ont sautés aux yeux au fur et à mesure de la lecture. En effet, le livre de Signol peuvent faire penser à ceux de Pagnol et de nombreuses vraisemblances nous ont agréablement fait penser à la série moult fois diffusées sur M6, La petite maison dans la prairie, sans la méchante Nelly Olson.
Mais au fait, pourquoi le ciel est bleu ?
Julien Signol, élevé par une mère domestique qui mènera une vie de combat permanent et orphelin d’un père courageux n’est autre que le grand-père de l’auteur. Christian Signol évoque l’ascension sociale de son cher grand-père analphabète qui s’en sortira grâce à son courage et sa volonté de travail (sans faire l’impasse sur la souffrance que cet homme a enduré).
Personnalité forte, tenace, Julien voudra à l’âge de douze ans de devenir maçon, une façon pour lui de fuir une certaine soumission, celle des paysans d’être le corps courbé vers la terre, ayant pour dommage collatéral de ne jamais voir la couleur du ciel. L’auteur nous raconte que son grand-père, Julien, a même reçu une gifle, enfant, juste parce qu’il avait posé la question qui fâche. Pourquoi le ciel est bleu ?
Provocation
enfantine, innocente et loin d’être anodine pour une servante, une paysanne qui
n’est pas sensée lever les yeux de terre, et encore moins de lever les yeux au
ciel. Rebelle, bien plus tard, Julien voulut changer les choses. Quelques
années après, il y parvient en devenant maçon, perché dans les hauteurs des
constructions, la tête levée vers le ciel.
Rappels pour information, horaires d'ouverture de la bibliothèque :
- Mercredi, jeudi, vendredi :
16 heures - 17 h 30
- Samedi : 10 heures - 12 heures
- Vendredi matin: ouvert pour les classes de la maternelle et du primaire selon les souhaits des enseignants.


Commentaires
Quelle bonne idée ces critiques ! J'ai adoré les piliers de la terre (si on fait exception d'une ou deux scènes désagréables, comme toujours hélas avec Ken Follet), c'est un des romans les plus passionnants que j'ai lu ces derniers temps.
Le cercle littéraire des amateurs d' épluchures de patates est un petit bijou à déguster sans modération